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Préavis de licenciement : durée, calcul et dispense (2025)
Le préavis de licenciement est la période qui s'écoule entre la notification du licenciement et la rupture effective du contrat de travail. Sa durée varie selon l'ancienneté du salarié, sa catégorie professionnelle et les dispositions de la convention collective applicable — laquelle peut prévoir des durées plus longues que le minimum légal. Ce guide fait le point sur tout ce que vous devez savoir en 2025.
La durée légale du préavis : règle générale
L'article L1234-1 du Code du travail fixe la durée minimale légale du préavis de licenciement pour les salariés qui ne sont pas en période d'essai :
| Ancienneté | Durée légale minimale |
|---|---|
| Moins de 6 mois | Aucune durée légale (sauf convention ou usage) |
| 6 mois à moins de 2 ans | 1 mois |
| 2 ans et plus | 2 mois |
Ces durées sont des minimums légaux. Si la convention collective ou le contrat de travail prévoient une durée plus longue, c'est la durée la plus favorable au salarié qui s'applique. Il ne peut pas y avoir de préavis conventionnel inférieur au préavis légal.
Le préavis ne s'applique pas en cas de faute grave ou de faute lourde : dans ces cas, la rupture est immédiate et aucune indemnité compensatrice de préavis n'est due. Il ne s'applique pas non plus en cas de licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle, qui obéit à des règles spécifiques.
Les durées conventionnelles plus favorables
La grande majorité des conventions collectives prévoient des durées de préavis supérieures au minimum légal, notamment pour les cadres et les salariés à forte ancienneté. Quelques exemples représentatifs :
Syntec (IDCC 1486)
Non-cadres : 1 à 3 mois selon l'ancienneté. Cadres : 3 mois minimum, pouvant aller jusqu'à 6 mois selon la classification et l'ancienneté.
Banque — AFB (IDCC 2120)
Non-cadres : 2 à 3 mois. Cadres : 3 à 6 mois selon la catégorie.
Assurance (IDCC 1672)
Non-cadres : 2 mois. Cadres : 3 à 6 mois selon la position et l'ancienneté.
Métallurgie (IDCC 3127)
Durées alignées sur la loi pour la plupart des non-cadres. Cadres : 3 mois minimum.
HCR (IDCC 1979)
Généralement 1 à 2 mois, avec des variations selon la qualification.
Pour connaître précisément la durée du préavis applicable à votre situation, consultez votre convention collective (accessible sur Légifrance) ou votre bulletin de paie qui mentionne l'IDCC de votre convention.
La dispense de préavis : qui décide et quelles conséquences ?
La dispense de préavis signifie que le salarié n'est pas tenu d'effectuer la période de travail correspondant au préavis. Deux situations sont à distinguer selon qui est à l'initiative de la dispense.
Dispense à l'initiative de l'employeur
L'employeur peut décider unilatéralement de dispenser le salarié d'exécuter son préavis. Dans ce cas, il doit verser l'indemnité compensatrice de préavis : une somme égale au salaire brut (y compris les primes habituelles) que le salarié aurait perçu pendant toute la durée du préavis. Le salarié conserve tous ses droits comme s'il avait effectivement travaillé.
Dispense à l'initiative du salarié
Si c'est le salarié qui demande à être dispensé du préavis pour prendre un nouvel emploi, l'employeur peut y consentir. Dans cette hypothèse, sauf accord contraire, le salarié n'a pas droit à l'indemnité compensatrice pour la période de préavis non effectuée.
💡 Conseil pratique : si vous avez retrouvé un emploi avant la fin de votre préavis et que l'employeur accepte la dispense, faites acter par écrit que la dispense est à son initiative (ou négociez le maintien de l'indemnité compensatrice).
Calcul de l'indemnité compensatrice de préavis
L'indemnité compensatrice de préavis est calculée sur la base du salaire brut que le salarié aurait perçu pendant le préavis, en incluant :
- Le salaire mensuel de base.
- Les primes versées habituellement (prime d'ancienneté, 13e mois au prorata).
- L'avantage en nature s'il est valorisé sur le bulletin de paie.
- Les heures supplémentaires si elles présentent un caractère régulier.
Elle est soumise aux cotisations sociales (CSG, CRDS, charges patronales et salariales) et à l'impôt sur le revenu. Elle n'ouvre pas de droits supplémentaires à l'assurance chômage car elle est déjà incluse dans le différé d'indemnisation de Pôle emploi.
Exemple chiffré
Salarié non-cadre, 5 ans d'ancienneté, salaire brut 2 500 €/mois.Convention Syntec : préavis 2 mois.Indemnité compensatrice = 2 500 × 2 = 5 000 € bruts.À cela s'ajoute l'indemnité de licenciement calculée séparément.
Préavis et arrêt maladie : quelles règles ?
La maladie ordinaire ne suspend pas en principe le préavis : le délai continue à courir pendant l'arrêt. À l'expiration du préavis, le contrat est rompu même si le salarié est toujours en arrêt maladie (sauf convention collective plus favorable prévoyant la suspension).
En revanche, si l'arrêt maladie est consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle, le contrat est protégé pendant la durée de l'arrêt : l'employeur ne peut pas licencier le salarié pour ce motif. Le préavis est suspendu pendant la période d'incapacité temporaire.
Certaines conventions collectives (notamment dans les secteurs bancaire, de l'assurance ou de la métallurgie) prévoient explicitement la suspension du préavis en cas de maladie ordinaire. Vérifiez votre convention collective.
Préavis des cadres et non-cadres : les différences essentielles
La distinction cadre / non-cadre joue un rôle majeur dans la durée du préavis conventionnel. Pour la très grande majorité des conventions collectives, les cadres bénéficient d'un préavis plus long en raison de la complexité du poste et des difficultés à retrouver un emploi équivalent.
Le statut cadre est généralement déterminé par la classification conventionnelle (par exemple, les ingénieurs et cadres dans Syntec, les positions IV et V dans la métallurgie). En l'absence de statut cadre, les durées légales s'appliquent en plancher, et les durées conventionnelles en bonification.
Important : l'indemnité de licenciement et l'indemnité compensatrice de préavis sont deux sommes distinctes et cumulables. Le préavis n'est pas déductible de l'indemnité de licenciement, et vice-versa.
Questions fréquentes sur le préavis de licenciement
Quelle est la durée légale du préavis de licenciement ?
La durée légale minimale du préavis de licenciement est d'1 mois pour les salariés ayant entre 6 mois et 2 ans d'ancienneté, et de 2 mois pour les salariés ayant 2 ans ou plus d'ancienneté (art. L1234-1 C. trav.). Les conventions collectives peuvent prévoir des durées plus longues (notamment 3 mois pour les cadres), qui s'appliquent alors car plus favorables.
Qui peut décider de la dispense de préavis ?
La dispense de préavis peut être décidée par l'employeur ou acceptée d'un commun accord. Lorsque c'est l'employeur qui dispense le salarié d'exécuter son préavis, il doit lui verser l'intégralité de l'indemnité compensatrice de préavis (salaire + avantages que le salarié aurait perçus pendant cette période). Si c'est le salarié qui sollicite la dispense, il perd l'indemnité compensatrice sauf accord contraire.
Que reçoit un salarié dispensé de préavis ?
Lorsque l'employeur dispense le salarié d'exécuter son préavis, il doit verser une indemnité compensatrice de préavis égale au salaire brut que le salarié aurait perçu pendant toute la durée du préavis, y compris les primes et avantages en nature qui auraient été dus. Cette indemnité est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu.
Le préavis peut-il être suspendu en cas d'arrêt maladie ?
En principe, la maladie ordinaire ne suspend pas le préavis : il continue à courir pendant l'arrêt maladie. Cependant, si l'arrêt est consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle, le préavis est suspendu pendant la période de protection. Certaines conventions collectives prévoient également la suspension en cas de maladie ordinaire : vérifiez la convention applicable.
Les cadres ont-ils un préavis de licenciement plus long ?
Oui, la plupart des conventions collectives prévoient un préavis de 3 mois pour les cadres, contre 2 mois pour les non-cadres (durée légale au-delà de 2 ans d'ancienneté). Certaines conventions, notamment Syntec, prévoient même des durées plus longues selon l'ancienneté et la classification. Le préavis conventionnel s'applique s'il est plus favorable que le préavis légal.
Calculez votre indemnité selon votre convention collective
La durée du préavis influe indirectement sur votre indemnité de licenciement (via le salaire de référence). Calculez votre indemnité conventionnelle :
- → Indemnité de licenciement — Syntec — bureaux d'études, informatique, ingénierie
- → Indemnité de licenciement — Banque — convention AFB (IDCC 2120)
- → Indemnité de licenciement — Assurance (IDCC 1672)
- → Indemnité de licenciement — Métallurgie (IDCC 3127)
- → Indemnité de licenciement — Hôtellerie-Cafés-Restaurants (IDCC 1979)
Avertissement juridique
Ce calcul est fourni à titre indicatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation personnelle, consultez un avocat ou les Prud'hommes. Les données utilisées proviennent de Légifrance et sont à jour d'avril 2026.